L’adolescent face aux addictions

Être parent aujourd’hui est une chance puisque c’est la vie qui se transmet. Dès l’arrivée de l’enfant des multiples questions se

posent : Comment aider nos enfants à s’épanouir et à ne pas gâcher leurs potentiels ? Comment prévenir chez notre adolescent la tentation de chercher à exister et à s’affirmer en prenant des risques excessifs ? c’est à ces questions que cet article va tenter de répondre.

La transition de l’enfance vers l’adolescence:

Pour arriver à l’âge adulte l’adolescent doit réaliser de nombreux changements :

* Accepter son nouveau corps et apprendre à l’aimer.

* Apprendre à vivre avec de nombreuses pulsions et les reconnaître.

* Se faire accepter par un groupe.

* Développer son jugement personnel.

* Se fixer un but, il va chercher le sens de son existence.

* Devenir autonome.

* Découvrir plus de liberté.

On peut dire que l’adolescence est le temps des expérimentations. C’est la période où l’adolescent peut s’opposer à ces parents où ces éducateurs pour se construire. Il est important que l’adulte soit solide pour le guider et le rassurer et pourtant ce n’est pas si simple !! Car en explorant ses limites l’adolescent peut avoir des comportements à risques…

Alors comment réagir quand on est parent ?

Il faut absolument s’ intéresser à lui et garder la communication ouverte.

*Profiter d’événement familiaux, d’une émission tv, d’une histoire qu’il vous raconte pour lui demander son opinion et développer son esprit critique sur le sujet. Rechercher l’occasion pour avoir de courts échanges plutôt que lui faire des discours sérieux.

*Accueillir ses copains et les écouter , ils parlent souvent plus facilement devant les parents d’un ami.

*Ne pas juger car cela peut bloquer la communication.

*S exprimer en « je »et  ne parler pas en son nom.

*L’ Amener  à développer sa pensée.

*Lui Dire  qu’il peut compter sur vous et que vous pouvez discutez de tous les sujets qui le questionne.

 

Alors on peut se demander qu’est ce qui poussent nos adolescents à avoir des conduites à risque malgré nos conseils ?

Les adolescents évoquent différentes raisons qui les poussent à expérimenter ou consommer des produits addictifs:

*Pour s’amuser et se détendre.

*Pour faire des expériences différentes,rechercher des sensations,

*pour faire face à des problèmes, oublier la réalité,

*Pour appartenir à un groupe: »faire comme les autres »

*Pour améliorer ses performances , avoir de l’énergie pour tenir la pression (sport examen)

vous trouverez plus d’infos sur le site drogues info service:

http://www.drogues-info-service.fr/Tout-savoir-sur-les-drogues/Les-drogues-et-leur-consommation/Pourquoi-se-drogue-t-on#.WQs0P8akKM8

 

Voici les 3 principales clés pour que le parent accompagne son ado face aux dangers :

* La confiance: faire confiance à son ado, c’est aider son enfant à développer sa confiance en lui même.Il faut donc accepter l’idée qu’il fasse ses expériences, qu’il ait des opinions, qu’ils connaissent des échecs et apprennent à tirer ses propres conclusions.

*Le dialogue : il peut s’instaurer seulement s’ il y a confiance et respect. Dialoguer c’est en premier écouter (cf l’article sur savoir

écouter ), le laisser exprimer ses émotions. Parfois le silence est indispensable. Il est préférable de dialoguer pendant un moment de calme car en temps de crise, le cerveau reptilien prend le dessus et les capacités de réflexion de l’adolescent sont fortement réduites. L’adolescent apprécie aussi les discours clairs et concis, la communication reste le meilleur moyen pour suivre votre ado dans son évolution et rester proche de lui pour l’aider.

*informer et faire de la prévention: L’école assure une partie de cette mission mais ne vous y tromper pas , vous devez vous aussi être informé pour pouvoir parler avec vos ados . Pour ma part c’est lors d’une formation sur les produits addictifs que j’ai découvert vraiment ce à quoi les jeunes étaient exposés.

Pour pourvoir faire de la prévention, il faut avant tout connaître de quoi l’on parle, je vous propose une petite synthèse de ma formation sur les drogues et des astuces pour aborder le sujet avec vos ados.

Ce que l’on peut dire c’est qu’il existe différents stades dans l’addiction:

1-l’expérimentation

2-usage simple ponctuel ou festif

3-usage nocif ou abusif

4- la dépendance

L’usage simple est relié à un contexte et a peu de chance de déboucher sur une dépendance.

L’usage nocif ou abusif est décrété quand le produit met en danger l’individu ou quand la consommation à un impact sur la vie sociale (absentéisme, baisse des notes, conflits). La consommation est alors quotidienne.

Le passage de l’usage simple à l’usage nocif dépend de la vulnérabilité de l’adolescent et de sa confiance et estime de lui.

La dépendance va dépendre du produit utilisé : le tabac entraîne une dépendance psychologique , l’héroïne: une dépendance physique, la cocaïne: une dépendance psychique.

La dépendance est souvent marqué par une rupture avec le milieu familiale sociale ou professionnelle. Elle intervient quand on ne peut résister à la consommation et quand on est soulagé d’avoir le produit. La dépendance psychique est la plus difficile à traiter, elle entraîne angoisse malaise et dépression alors que la dépendance physique se traduit par un état de manque.

Il existe des drogues autorisées mais réglementées, comme lalcool et le tabac ou encore certains médicaments et des drogues interdites dont la loi proscrit l’ usage et la vente, comme le cannabis, l’héroïne ou la cocaïne.

Enfin de nouvelles drogues apparaissent sur le marché sans que leur statut soit encore clairement défini.

Les drogues sont également classées selon le type d’effets qu’elles procurent.

  • «Dépresseur du système nerveux»: elles agissent sur le cerveau en ralentissant certaines fonctions ou sensations. Un ralentissement de la fonction respiratoire et l’endormissement sont souvent des effets secondaires de ces drogues.
  • «Stimulant»: elles accroissent les sensations et certaines fonctions organiques comme le rythme cardiaque ou encore la sensation d’éveil… Leur action «stimulante» est souvent suivie d’un contrecoup avec par exemple des sensations inverses de fatigue et d’irritabilité.
  • «Hallucinogène»: elles modifient les perceptions visuelles, auditives et corporelles. Ces modifications sont très dépendantes du contexte et de la personne qui utilise de telles drogues.
  • «Stimulants-hallucinogène »: elles stimulent les sensations et certaines fonctions organiques tout en produisant des distorsions des perceptions, mais de manière moins marquée qu’avec un hallucinogène.

 

Voyons un peu les différents type d’addictions et de drogues que peut rencontrer un adolescent :


*LE TABAC : selon un sondage 2 /3 des jeunes de 15 à 19 ans ont déjà expérimentés le fait de fumer.

Des campagnes à l’école anti tabac sont menées pour sensibiliser les jeunes aux impactes sur la santé.

* LE CANNABIS

D’après les sondages 1 jeune sur 2 de17 ans à déjà expérimenté.

8% des jeunes sont fumeurs réguliers. Le cannabis est une plante : il se présente sous forme «d’herbe» (mélange de feuilles, de tiges et de fleurs séchées), de résine (obtenue en pressant les fleurs), ou d’huile (résine macérée dans de l’alcool).

Le cannabis peut être :

fumé sous forme de cigarettes roulées avec du tabac (joint), avec une pipe (shilom), ou avec une pipe à eau (bang, narghilé).

– vaporisé à l’aide d’un vaporisateur, d’une pipe à eau munie d’une douille, ou d’une cigarette électronique (il est porté à ébullition puis se transforme en particules gazeuses, c’est-à-dire en vapeur).

– ingéré sous forme de préparation culinaire (gâteau).

Les effets le plus souvent évoqués sont:

  • un sentiment de détente et de bien-être,
  • une euphorie qui donne envie de rire pour un rien,
  • une intensification des perceptions sensorielles, ainsi qu’une modification de l’appréciation du temps et de l’espace: le temps semble passer plus lentement alors que les sons, les images et les sensations tactiles gagnent en intensité et en finesse,
  • une impression de «planer»,
  • une facilitation de la parole et de la relation aux autres (désinhibition).

Les effets indésirables sont:

  • baisse de la capacité de concentration,
  • voix enrouée, toux, bouche sèche,
  • rougeur des yeux, dilatation de la pupille,
  • somnolence,
  • augmentation de la tension artérielle, du rythme cardiaque (palpitations),
  • augmentation de l’appétit, fringales,
  • troubles digestifs (nausées, plus rarement vomissements et diarrhées),
  • maux de tête.
  • altération de la mémoire immédiate qui permet de garder en mémoire quelque chose que l’on vient de voir, d’entendre, de percevoir.

A long terme, les performances intellectuelles peuvent être altérées: troubles de l’attention, du temps de réaction, de la mémoire à court terme, et de la faculté à prendre des décisions.Mais aussi des troubles de la motivation , psychiques et troubles anxieux généralisé.

La consommation précoce de cannabis peut également accroître le risque de dépendance, surtout que le cerveau de l’ado est encore en construction.

Il existe un cannabis de synthèse vendu en sachet dont les effets sont encore plus nocifs pour la santé.

*L’ALCOOL : La consommation en volume a diminué ces dernières années mais le mode de consommation a changé aussi .

Les jeunes consomment des alcools plus fort type vodka ,whisky .

*L’ECSTASY : est un produit de synthèse hallucinogène puissant utilisé en milieu festif. L’effet démarre 1 h après la prise et dure entre 4 h et 6 h. Les effets secondaires possibles sont déshydratation, sueurs , maux de tête, crise d’angoisse, syndrome dépressif .

Il existe une dépendance à l’ecstasy.

*LES AMPHÉTAMINES: sont de puissant psychostimulant et coupe faim. Ils existent sous forme de poudre ou de comprimés. Ils diminuent le besoin de dormir et donne une sensation de toute puissance et de confiance en soi . Les effets indésirables sont l’épuisement ,on note aussi une augmentation du nombre de suicide. ils entraînent aussi insomnie, trouble anxieux agitation excessive….

*L’HÉROÏNE: ce sont des petits cristaux ressemblant à du sucre blanc ou marron dérivé des opiacées. Elle est souvent utilisé en injection et provoque un bien être générale, une sensation d’ extase. C’est un antidépresseur puissant mais son action diminue après la première prise et il est nécessaire d’augmenter les doses à chaque prise. La dépendance est donc rapide .

Parmis les effets secondaires ont note alternance euphorie et dépression, anorexie, insomnie, en surdose elle entraîne une dépression respiratoire et est souvent mortelle. L’héroïne est en général injectée par voie intraveineuse: on parle alors de «fix» ou de «shoot».

L’héroïne est parfois injectée en association avec de la cocaïne. On parle alors de «speedball».

Elle peut être inhalée, ce mode d’usage consiste à déposer de l’héroïne sur un papier aluminium et à la chauffer à la flamme d’un briquet.

Elle peut être aussi sniffée, on sépare alors la poudre en ligne pour l’aspirer dans chaque narine, là encore le plus souvent à l’aide d’une paille.

*LSD: c’est une drogue hallucinogène puissante qui se présente sous forme de buvard. Elle entraîne perte des repère spatiaux et de la réalité.Les effets secondaires sont crise de panique ,crise d’angoisse ,bouffée délirantes ,suicides.

*KÉTAMINE : La kétamine est un anesthésiant avec un effet hallucinogène.Elle se présente sous forme de cristaux , gélules ou comprimés et est utilisé le plus souvent en milieu festif. La kétamine est le plus souvent sniffée sous forme de poudre. Elle peut également être ingérée, bue, ou injectée.

Les effets secondaires sont: engourdissement des membres , perte de repère, dissociation corps et esprit, trouble de la vue, trouble du rythme cardiaque.

*CHAMPIGNONS ET PLANTES: Les champignons hallucinogènes poussent dans les prés.Ils sont consommés séchés et en tisane ou fermentés. L’effet est comparable au LSD. Ils sont souvent toxiques , parfois mortelle. D’autres plantes ont les mêmes propriétés : la mescaline issu du cactus, la sauge divinatoire, le pavot.

*GHB: ou acide gammahydroxybutyrique est une drogue de synthèse aux propriétés sédatives et amnésiantes. ce produit est rare en France. Le GHB se présente sous forme de poudre blanche soluble ou de liquide incolore et inodore, il est alors conditionné dans de petites fioles en verre ou en plastique. C’est un sédatif puissant . Il est aussi appelé la « pilule du viol ». Il a un effet euphorisant puis sédatif et associé à de l’alcool , il provoque des amnésies qui peuvent aller jusqu’au coma.

*LA COCAÏNE : La cocaïne est extraite des feuilles du cocaïer, arbuste cultivé en Amérique du Sud. Elle se présente sous forme de poudre blanche (le chlorhydrate de cocaïne), de blocs de poudre compressée ou de pâte base de couleur jaune brune, aussi appelés basuco. La première prise entraîne un effet de toute puissance .Elle provoque une phase d’exaltation qui se traduit par une grande énergie et une stimulation des performances physiques et intellectuelles. La cocaïne confère une grande assurance et une grande estime de soi , l’individu devient indifférent à la fatigue et à la douleur.La dépendance psychologique est rapide . Les effets secondaires sont syndrôme dépressif , problème cardiaque , perte des poils du nez voir perforation des parois ,crise de paranoïa.

Pour avoir une idée de prix 1gr = 60 euros environs.

*LE CRACK: C’ est un dérive de la cocaïne (cocaïne + bicarbonate de soude ou ammoniaque).

Il se présente sous forme de cristaux, communément appelés « cailloux », d’une couleur qui varie du noir mat au blanc en passant par le gris et le rose pâle .

elle a un effet immédiat et brutale mais dure moins longtemps.

La dépendance est immédiate des la première prise et les conséquences neurologiques sont importantes (arrêt cardiaque fréquent, accident respiratoire).

Il n’existe pas de traitement de substitution pour un éventuel sevrage, le seul traitement est une prise en charge hospitalière longue.

 

*POPPERS ,COLLE,SOLVANT: Ce sont des préparations contenant des nitrites et du solvant, Le poppers est un liquide transparent jaunâtre très volatil et inflammable. Il est vendu dans de petites bouteilles de verre (9 à 30 ml en général) colorés ambre ou brun. .Il entraîne un effet très court 2 min et euphorisant et aphrodisiaque.

Les effets secondaires sont: maux de tête,vertige,nausées. Ils sont très toxiques pour la santé.

 

*LES MÉDICAMENTS PSYCHOTROPES: Ils sont utilisés dans ce cas de manière détourné.

Les effets dépendent des individus. Plusieurs types de médicaments sont utilisés:

-les anxiolytiques ,benzodiazépines qui entraînent une forte dépendance (lexomil),

-les somnifères ou hypnotiques sur prescription médicale.

-les neuroleptiques.

Ils sont consommés la plupart du temps avec de l’alcool ce qui augmente leurs effets.

 

 

Cependant ne vous affolez pas , la plupart des ados n’iront pas sur ce type d’addictions.

Il en resteront au addictions les plus courante type tabac .

 

Mais comment réagir si vous découvrez que votre adolescent consomme du cannabis ou fume ?

Il est conseillé d éviter de :

*Commencer par la question direct : « Pourquoi ? » qui risque de fermer le dialogue car amène directement à la cause ou la faute.

*Le ridiculiser :« tu fais toujours des mauvais choix «  ou dramatiser « tu seras dépendant toute ta vie « , » tu n’as rien dans la tête ».

*Lui payer ses cigarettes en faisant cela vous cautionner son acte.

Il est préférable de :

*Poser une question ouverte « fumer c’est quoi pour toi ? » pour ouvrir le dialogue et comprendre les raisons de votre adolescent.

*Après avoir écouter son point de vue valoriser l’image du non fumeur , insister sur l’importance d’être libre.

* Faire aussi avec lui le calcul de l’argent qu’il pourrait économiser pour s’offrir autre chose

*l’inciter à faire du sport.

*partir de la personne :« Pour toi qu’est ce que tu penses de … »

« Qu’ est ce que tu recherches ?… »

Vous serez d’autant plus écouter et entendu si vous montrez l’exemple.

Vous pouvez les aider en valorisant leur démarche s’il décide d’arreter et en leur faisant réaliser que la dépendance est un piège, une perte de liberté ou la volonté ne suffit pas toujours.

Il faut aussi les sensibiliser aux pressions et aux marketings les incitant à consommer (effet de groupe ,image véhiculé par les stars).

Soyez le plus authentique possible ,faites coïncider ce que vous ressentez avec ce que vous exprimez :ne jouer pas au parent « cool »qui comprend si intérieurement vous bouillonnez .

Dites ce que vous ressentez en utilisant le « je »:« je suis inquiet de … »

Faite un temps de pause si vous vous sentez dépassé par la situation (frapper, crier, punir n’aidera en rien votre ado et ne le motivera pas plus)

Dans un deuxième temps, si le dialogue est ouvert .Vous pouvez donner votre avis avec la question :« souhaites tu que je te donne mon avis? que je te dise comment je vois les choses ? Expliquer en bannissant les mots bien ou pas bien.

Si les problèmes de votre adolescent sont plus important (drogues), vous pouvez vous ou votre ado trouver du soutien et de l’aide :

-Auprès de centre d’addictologies.

-Dans des maisons d’adolescent (uniquement dans certaines villes).

-Chez votre médecin traitant.

-Dans le milieu scolaire : infirmière scolaire.

 

 

EN CONCLUSION:

* Osez aborder les sujets difficiles avec votre enfant dès l’entrée au collège .

*Donner à votre enfant le droit à l’erreur et chercher avec lui des solutions.

*Garder une bonne communication.

*Informez vous .

*Montrer à votre enfant que vous l’aimez et que vous êtes là pour le guider.

Gardez à l’esprit que la période de l’adolescence est transitoire et que votre enfant est en mode expérimentation et apprentissage. Soyez le guide qu’il recherche.

Article pour parents action le 04/05/2017.

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